L’Affaire PEGASUS, volet 2
5484
post-template-default,single,single-post,postid-5484,single-format-standard,theme-bridge,bridge-core-2.1.1,woocommerce-no-js,rtwpvs,rtwpvs-squared,rtwpvs-attribute-behavior-blur,rtwpvs-tooltip,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-title-hidden,qode_grid_1300,qode-content-sidebar-responsive,columns-3,qode-child-theme-ver-1.0.0,qode-theme-ver-19.8,qode-theme-bridge,disabled_footer_top,qode_header_in_grid,wpb-js-composer js-comp-ver-6.1,vc_responsive

L’Affaire PEGASUS, volet 2

                                   Affaire Pegasus : suite des réjouissances

Depuis les révélations de «l’affaire Pegasus», comment les choses ont-elles évolué ?

I) Au Maroc

Le Royaume du Maroc a mandaté le cabinet d’avocats Ernesto Díaz-Bastien y Abogados, SLP (EDBA), pour engager des actions en justice devant les tribunaux espagnols pour la publication et la diffusion répétées sur le territoire espagnol d’allégations mensongères, malveillantes et diffamatoires contre le Royaume, et ce en relation avec “un prétendu espionnage illégal de citoyens espagnols”.

Concernant la France, le 28 juillet dernier, le Royaume a introduit auprès de la justice française de nouvelles citations directes en diffamation contre le quotidien Le Monde et son directeur Jérôme Fenoglio, le site d’information Mediapart et son patron Edwy Plenel, ainsi que Radio France.

II) En Inde

Le gouvernement de Narendra Modi est accusé d’avoir utilisé Pegasus pour espionner les téléphones de plus de 1 000 de ses ressortissants. Le Gouvernement a reconnu l’avoir utilisé pour cibler les criminels et terroristes mais nie farouchement son extension aux opposants politiques. Delhi parle même de «complot international» visant à salir le premier minsitre lui-même et toute sa tendance politique.

Des explications fumeuses pour les opposants en question. “Nous avons été surpris par le large éventail des personnes ciblées. Il y a des professionnels de santé, des opposants politiques, des journalistes ou encore des défenseurs des droits de l’Homme”, affirme Siddarth Varadarajan, rédacteur en chef de The Wire,site indien d’informations en ligne et membre du Consortium ayant révélé l’affaire.

La Cour suprême indienne a d’ailleurs été saisie de manière indépendante pour enquêter sur ce scandale.

III) A l’ONU

Pegasus a fait forte impression au siège des Nations-Unies. Mais pas dans le bon sens.

Le 12 août 2021, des experts de cette organisation ont réclamé un moratoire international sur la vente de technologies de surveillance. Ce qui va au-delà du seul Pegasus. Ce moratoire serait le début d’une vaste contre-offensive destinée à mieux garantir les libertés politiques et droits fondamentaux.L’objectif serait d’établir, le plus rapidement possible, un cadre réglementaire pour éviter ce genre de scandale.

Jugez-en par vous-même :

«Nous sommes profondément préoccupés par le fait que des outils intrusifs très sophistiqués sont utilisés pour surveiller, intimider et réduire au silence les défenseurs des droits humains, les journalistes et les opposants politiques. De telles pratiques violent les droits à la liberté d’expression, à la vie privée et à la liberté, peuvent mettre en danger la vie de centaines de personnes, mettent en péril la liberté des médias et sapent la démocratie, la paix, la sécurité et la coopération internationale».

Preuve que du «beau monde» soutient cette initiative, le communiqué est signé par trois Rapporteurs spéciaux de l’ONU, et le Groupe de travail sur la question des droits de l’homme et des sociétés transnationales et autres entreprises. La fin du communiqué est révélatrice de l’ambiance polaire qui règne aux nations-unies sur la question des libertés fondamentales.

«Ces dernières années, nous avons à plusieurs reprises tiré la sonnette d’alarme sur le danger que représentent les technologies de surveillance pour les droits humains. Une fois de plus, nous exhortons la communauté internationale à élaborer un cadre réglementaire solide pour prévenir, atténuer et réparer l’impact négatif des technologies de surveillance sur les droits humains et, en attendant, à adopter un moratoire sur leur vente et leur transfert».«Il est du devoir des États de vérifier que des entreprises comme le Groupe NSO ne vendent pas ou ne transfèrent pas de technologies à des États et des entités susceptibles de les utiliser pour violer les droits humains, ou ne passent pas de contrats avec eux».

sohest-securite

IV) Une riposte face à PEGASUS

Pegasus est-il invulnérable, ou aurait-il une faille ?

Dans un article sur le site de La Recherche, les spécialistes de l’informatique et du cryptage Charles Cuvelliez et Jean-Jacques Quisquater penchent pour la seconde hypothèse.Cet article est en libre accès.

“La faiblesse avec Pegasus, écrivent-ils, c’est le numéro d’appel : c’est par lui que tout commence. Chaque victime est ciblée par son numéro de téléphone grâce auquel on peut essayer de contacter son iPhone, par SMS, par WhatsApp ou par d’autres app vulnérables”.D’où, peut-être, une solution pour établir une protection contre Pegasus, avec un Tor de la téléphonie, sur le modèle du Tor pour Internet. Ce dernier permet de naviguer anonymement.

Nos deux auteurs développent leur idée : “avec Tor, la machine de laquelle on surfe n’est pas la machine qui est en contact avec Internet, avec entre les deux un entrelacement de machines relais qui ne savent pas ce qu’elles relaient, car le trafic provenant de et vers Internet est chiffré en propre sur la partie Tor. Appliqué à la téléphonie, on appellerait avec un numéro qui ne sera pas celui qui apparaît chez le destinataire : il serait relayé par des iPhone relais, peut-être virtuels qui feraient office de bouclier dans un sens et dans l’autre”.

V) Et les victimes ?

Elles se sont organisées.

Vendredi 6 août 2021, 17 journalistes de sept pays qui ont été les cibles du logiciel espion Pegasus ont porté plainte aux côtés de Reporters sans frontières contre le créateur de PEGASUS : la société israélienne NSO Group.

RSF “demande aussi d’exiger la stricte régulation internationale de l’exportation, la vente et l’utilisation de logiciels de surveillance tels que Pegasus, et un moratoire international sur la vente de ces logiciels”.

sohest-cyber-securite
No Comments

Post A Comment